Un client m’a posé la question la semaine dernière. Électricien, atelier à Élancourt, il tourne sur une dizaine de communes autour. Un site pour Trappes, un autre pour Plaisir, un pour Montigny, un pour Guyancourt… l’idée le titille depuis qu’un « expert » sur un groupe Facebook lui a vendu ça comme la formule magique.
Ma réponse courte : non. Enfin, presque jamais.
Pour creuser le sujet, jetez un œil à spécialiste du référencement.
D’où vient cette idée de multiplier les sites
Le raisonnement paraît logique. Google adore la proximité, donc plus tu multiplies les adresses locales, plus tu couvres de terrain. Sur le papier, dix sites égalent dix fois plus de visibilité.
Sauf que Google ne fonctionne pas comme un annuaire papier des années 90. Il lit ton contenu, il regarde qui parle de toi, il évalue si la page mérite d’être en haut. Dix sites vides ne pèsent pas plus qu’un seul site solide. Ils pèsent moins, en réalité, parce que tu dilues tes efforts sur dix chantiers au lieu d’en finir un correctement.
Et il y a le piège technique. Ces sites-clones, on les appelle des *doorway pages* dans le jargon. Des pages-portes créées uniquement pour capter du trafic géographique, avec le même texte recopié en changeant juste le nom de la ville. Google traque ce schéma depuis des années, et sa mise à jour de mars 2026 a encore serré la vis. Le risque n’est pas théorique : c’est la pénalité, et là tu perds tout d’un coup.
Ce qui marche vraiment : un site, plusieurs pages ville
La bonne structure tient en une phrase. Un seul domaine, du genre `electricien-sqy.fr`, et à l’intérieur une page dédiée par commune que tu vises vraiment.
`/electricien-trappes`, `/electricien-plaisir`, `/depannage-electrique-montigny`. Chaque page vit sous le même toit et profite de la réputation globale du site. Quand quelqu’un te recommande, quand un annuaire te cite, quand un client laisse un avis, tout ce jus remonte vers un seul domaine au lieu de se perdre en dix morceaux.
Le vrai travail, il est là : rendre ces pages différentes. Pas le nom de la ville changé au chercher-remplacer. Du concret.
Sur ta page Trappes, tu parles des immeubles anciens du quartier de la Plaine de Neauphle, des mises aux normes de tableaux électriques que tu y fais souvent. Sur celle de Plaisir, tu évoques les pavillons des années 80 près du centre commercial, les rénovations complètes que ça implique. Tu mets une vraie photo d’un chantier fait là-bas. Un avis client géolocalisé. Tes délais d’intervention réels depuis ton atelier.
Voilà ce qui sépare une page utile d’une coquille vide.
Combien de pages ville, alors ?
Autant que tu peux en remplir honnêtement. Si tu bosses vraiment à Trappes, Plaisir, Élancourt, Montigny et Guyancourt, fais cinq pages sérieuses. Ne crée pas une page pour Rambouillet si tu n’y as jamais posé une pince à dénuder. Google finit toujours par repérer les pages fantômes, et une seule page bidon peut tirer tout le reste vers le bas.
Un artisan seul n’a pas besoin de couvrir tout le 78. Cinq à huit communes bien traitées valent mieux que trente survolées.
La fiche Google, ton vrai levier local
On oublie souvent le plus efficace. Ta fiche d’établissement Google, celle qui apparaît dans la carte avec les avis et les étoiles, pèse énormément sur le local. Pour un électricien qui dépanne dans un rayon de quinze bornes, elle rapporte souvent plus qu’une deuxième ou troisième page ville.
Une fiche bien remplie, une adresse cohérente partout où tu apparais, des avis récents, quelques photos de chantiers. Ça, ça bouge les lignes. Et c’est gratuit.
Un seul site propre plus une fiche soignée battront toujours dix sites bricolés à la va-vite.
Mon conseil, sans détour
Garde ton énergie pour une seule adresse. Construis-la bien, ajoute une page par commune que tu couvres réellement, remplis-les avec ton vécu de terrain plutôt qu’avec du texte interchangeable. Branche ta fiche Google derrière. Récupère des avis après chaque intervention.
Le multi-sites, ça peut se défendre dans un cas : quand tu vises des activités franchement distinctes, avec des marques séparées et des équipes différentes. Un site pour l’installation photovoltaïque, un autre pour le dépannage d’urgence, à la limite. Mais entre Trappes et Plaisir, pour un même métier et un même artisan ? Non.
Tu gagnes du temps, tu gagnes de l’argent, et tu dors tranquille côté pénalités. Trois bonnes raisons de ne pas t’éparpiller.