J’ai passé une après-midi à éplucher les fiches Google des commerces autour du château et de la rue de Pologne. Restaurants, coiffeurs, cavistes, un opticien, deux fleuristes. Le constat est toujours le même. Presque personne ne remplit sa fiche jusqu’au bout. Elles s’arrêtent au nom, à l’adresse, au numéro de téléphone. Le reste ? Vide.
C’est dommage. Parce que ces champs abandonnés, ce sont exactement ceux qui font remonter une fiche dans le pack local, ce petit bloc de trois établissements qui s’affiche avec la carte quand quelqu’un tape « fleuriste Saint-Germain-en-Laye ».
Voici les sept que je vois vides le plus souvent.
Les champs que Google réclame et qu’on oublie
La description de l’établissement. Google vous offre 750 caractères pour raconter qui vous êtes. La plupart des commerçants germanois y mettent une phrase, parfois rien. Or c’est là qu’on glisse le vocabulaire que les gens tapent vraiment : « brunch », « terrasse », « sans gluten », « ouvert le lundi ». Un salon de thé près du marché neuf qui écrit « salon de thé » et s’arrête là passe à côté de la moitié des recherches.
Les attributs. Ce sont ces petites cases à cocher que Google planque dans l’onglet « Infos ». Accès fauteuil roulant, terrasse, wifi, paiement sans contact, toilettes accessibles. À Saint-Germain, avec le flux de familles qui viennent au musée d’Archéologie ou se promener sur la terrasse Le Nôtre, l’attribut « adapté aux enfants » ou « chaises hautes » change une décision de déjeuner. Cochez-les. Ça prend deux minutes.
Les produits et services. Un champ sous-utilisé au possible. Un caviste peut lister ses régions, ses fourchettes de prix, ses coffrets. Un garagiste peut détailler vidange, pneus, contrôle avant vente. Google adore ce niveau de détail parce qu’il lui permet de faire correspondre une fiche à une requête précise. Le commerçant qui remplit ça se retrouve devant celui qui ne l’a pas fait, à distance égale.
Ceux qui demandent un peu de régularité
Les horaires spéciaux. Le 14 juillet, le lundi de Pâques, la semaine entre Noël et le Nouvel An. Combien de fois un client s’est déplacé pour trouver porte close ? La fiche disait « ouvert ». Google pénalise discrètement les établissements dont les horaires ne collent pas au réel, et surtout les clients laissent un avis rageur. Deux minutes avant chaque jour férié suffisent.
Les photos, mais les bonnes. Là je nuance. Beaucoup de commerçants mettent une photo. Une. La devanture, floue, prise il y a trois ans. Google mesure la fraîcheur. Une fiche alimentée régulièrement en clichés — l’intérieur, un plat, l’équipe, la vitrine de saison — envoie un signal de vitalité. Une boulangerie de la rue au Pain qui poste sa galette en janvier et ses viennoiseries au printemps, ça vit. Ça se voit.
Les questions-réponses. Presque personne ne sait que ce champ existe côté commerçant. N’importe qui peut poser une question publique sur votre fiche, et si vous ne répondez pas, c’est parfois un autre internaute qui le fait. Mal. Le mieux : posez vous-même les questions fréquentes et répondez-y. « Avez-vous un parking ? » À Saint-Germain, avec le stationnement qu’on connaît, cette réponse vaut de l’or.
Le dernier, et c’est le plus négligé
Les posts Google. Ce format à mi-chemin entre le réseau social et l’annonce. Une promo, un nouvel arrivage, un événement, les horaires de la Fête des Loges. Ça s’affiche directement sur la fiche et ça expire au bout de sept jours. Le fait que ça expire décourage tout le monde. Résultat : un champ désert sur 95 % des fiches que j’ai regardées.
C’est précisément pour ça qu’il faut s’en occuper. Quand vos concurrents laissent un espace blanc, le remplir vous distingue sans effort. Un post par semaine, même court, et votre fiche paraît deux fois plus active que celle d’en face.
Ce que ça change, concrètement
Google ne classe pas les fiches au hasard. Il regarde la proximité, la notoriété, la pertinence. Sur la proximité, vous ne pouvez rien : votre boutique est où elle est. Sur les deux autres, tout se joue dans ces champs. Une fiche complète, c’est une fiche que l’algorithme comprend, et une fiche qu’il comprend, il la montre.
Mon conseil, si vous tenez un commerce à Saint-Germain : bloquez une heure un mardi matin. Remplissez la description, cochez les attributs, ajoutez cinq photos correctes, listez vos services. Puis prenez l’habitude d’un post hebdomadaire et d’un coup d’œil sur les horaires avant chaque jour férié.
Le référencement local, ici, n’est pas encore une guerre. La plupart des fiches sont à moitié pleines. Celui qui va au bout de la sienne prend une avance que les autres mettront des mois à rattraper.