Vous êtes plombier à Poissy, ébéniste à Rambouillet ou paysagiste du côté de Montfort-l’Amaury. Vous avez besoin d’un site. La question tombe vite : Wix ou WordPress ? On vous a probablement déjà vendu les deux comme la solution miracle. Ce n’est le cas ni de l’un ni de l’autre. Voici ce que ça donne vraiment quand on bosse de ses mains et qu’on n’a pas trois heures par jour à passer sur un écran.
Wix : vous êtes en ligne ce soir
Wix, c’est le tout-en-un. Vous payez un abonnement, vous choisissez un modèle, vous glissez vos photos de chantier, vous écrivez trois paragraphes et c’est publié. Pas d’hébergement à gérer, pas de mise à jour à surveiller, pas de sauvegarde à programmer. Le service s’occupe de tout dans son coin.
Pour un artisan seul qui veut juste une vitrine propre avec ses coordonnées, une galerie de réalisations et un formulaire de contact, c’est honnêtement suffisant. J’ai vu des menuisiers monter leur site en un week-end, sans jamais toucher une ligne de code. Le résultat était net.
Là où le bât blesse : vous êtes locataire. Le jour où vous voulez partir, vous ne pouvez pas emporter votre site. Vous repartez de zéro ailleurs. Et le référencement local, celui qui fait remonter « artisan carreleur Yvelines » sur Google, reste correct mais un peu bridé. Wix a fait des progrès énormes là-dessus, ne croyez pas les vieux articles qui datent de 2018. Mais quand on veut vraiment pousser sur des dizaines de pages ville par ville, on sent le plafond.
Comptez entre 13 et 39 € par mois selon la formule. Ajoutez le nom de domaine. C’est prévisible, et pour beaucoup c’est un argument.
WordPress : plus de travail, plus de liberté
WordPress, c’est autre chose. Vous louez un hébergement (souvent 4 à 10 € par mois chez un OVH ou un o2switch), vous installez le logiciel, vous choisissez un thème, et vous construisez. Le mot qui compte ici, c’est « vous ». Personne ne fait à votre place.
En échange de cet effort, vous obtenez un site qui vous appartient pour de bon. Vous voulez le déménager ? Vous emballez les fichiers, vous les posez ailleurs, terminé. Vous voulez une extension de prise de rendez-vous, un devis automatique, une carte des zones d’intervention couvrant Versailles, Saint-Germain, Mantes et compagnie ? Il existe un plugin pour ça. Souvent gratuit.
Le référencement, justement. C’est le terrain de jeu naturel de WordPress. Avec une extension comme Rank Math ou Yoast et un peu de méthode, un artisan peut créer une page par prestation et par commune, mailler tout ça proprement, et grignoter des positions que Wix atteint plus difficilement. Quand votre business dépend des appels entrants du secteur, ça change la donne.
Le revers ? Il faut entretenir la bête. Mises à jour, sauvegardes, un plugin qui casse un matin sans prévenir. Rien d’insurmontable, mais rien de magique non plus. Si l’informatique vous file de l’urticaire, prévoyez soit quelques soirées d’apprentissage, soit un budget pour déléguer.
Alors, lequel ?
Je vais éviter la réponse de Normand. Voici comment je tranche selon les cas concrets que je croise dans le département.
Vous êtes seul, vous voulez juste exister en ligne, être joignable, montrer trois beaux chantiers, et surtout ne plus jamais y penser ? Wix. Franchement. Le temps que vous ne passez pas à bricoler un site, vous le passez sur vos vrais chantiers, ceux qui paient.
Vous avez de l’ambition sur le local, vous visez plusieurs villes, vous comptez sur Google pour remplir votre agenda et vous êtes prêt à vous investir un minimum ou à payer quelqu’un une fois pour le mettre en place ? WordPress, sans hésiter. Le potentiel de croissance n’a rien à voir.
Un dernier point qu’on oublie souvent. Votre temps a une valeur. Un artisan facture sa journée bien plus cher que ce que coûte un site. Si Wix vous fait gagner dix heures, il vaut peut-être son prix supérieur, même si sur le papier WordPress semble plus « rentable ». À l’inverse, si le référencement vous rapporte deux devis par semaine, l’effort WordPress est remboursé en un mois.
Il n’y a pas de mauvais choix ici, seulement un choix mal aligné avec votre situation. Regardez d’abord ce que vous attendez du site, pas l’inverse. Le reste suit.